L'affaire Manchester City menace la réélection de Gianni Infantino

Photo : BBC Sport
Le verdict reconnaissant Manchester City coupable d'avoir enfreint les règles financières de la Premier League pendant neuf ans a rouvert un front de contestation internationale contre Gianni Infantino. Rui Pinto est monté au créneau pour affirmer que le président de la FIFA ne devait plus avoir sa place dans l'avenir du football, reliant directement l'issue de la procédure anglaise aux décisions passées du dirigeant.
Ce qui s'est passé
Rui Pinto, âgé de 37 ans, s'en est pris violemment au leadership de Gianni Infantino après la conclusion de la procédure contre le club britannique. Le créateur de la plateforme Football Leaks a déclaré sans détour que « Gianni Infantino est devenu un cancer pour le football et ne devrait pas avoir sa place dans l'avenir de ce sport », réitérant les accusations selon lesquelles le dirigeant aurait activement favorisé Manchester City et le Paris Saint-Germain lorsqu'il officiait à l'UEFA. Il convient de rappeler que l'ensemble de l'enquête disciplinaire menée par la Premier League découle des révélations de Football Leaks publiées en 2018.
La pression qui pèse sur le président de la FIFA ne se limite pas aux déclarations du lanceur d'alerte portugais ni au litige financier britannique. L'UEFA a formellement accusé Infantino de gestion déloyale dans une affaire liée au programme Fifa Forward Enterprise. Dans le même temps, le dirigeant a essuyé un sérieux revers politique dans son propre pays natal, l'Association Suisse de Football ayant officiellement décidé de lui retirer son soutien.
Pour justifier cette rupture institutionnelle, l'instance helvétique s'est montrée particulièrement critique à l'égard de la tournure des événements récents. « Du point de vue de l'ASF, divers incidents soulèvent des questions fondamentales quant au leadership, à la gouvernance, à la transparence et aux processus décisionnels au sein de la Fifa », a communiqué la fédération suisse en officialisant sa prise de distance avec le dirigeant.
Chronologie : Du patron de l'UEFA au président sous pression
Cette situation trouve son origine dans les premières années d'application des règles de régulation économique du football européen et s'étend jusqu'à l'échéance des prochaines élections.
En 2014, des documents révélés indiquaient qu'Infantino aurait négocié en coulisses des sanctions allégées pour Manchester City et le Paris Saint-Germain, à une époque où la conformité financière de ces clubs commençait tout juste à être examinée. L'affaire semblait classée en interne jusqu'à ce que, en 2018, les fuites massives de Football Leaks ne mettent au jour des contrats internes et des correspondances confidentielles, provoquant ainsi l'intervention officielle des instances disciplinaires anglaises.
L'issue sportive de cette enquête se concrétise aujourd'hui, avec la culpabilité reconnue du club anglais pour des infractions commises sur une période de neuf ans, bien que Manchester City continue de nier catégoriquement tout acte répréhensible. Le club a désormais jusqu'au 2 octobre pour déposer un recours officiel devant les juridictions compétentes.
Sur le plan politique international, le calendrier institutionnel s'accélère en cette fin d'année. Les opposants à la présidence de la FIFA ont jusqu'au 18 novembre pour déclarer une candidature alternative. Si aucun prétendant rival ne parvient à s'imposer d'ici là, Infantino aura la voie libre pour briguer un quatrième mandat à la présidence de l'instance, prévu en mars 2027.
Pourquoi c'est important
La perte de soutien de la fédération suisse constitue une fracture symbolique et politique majeure au sein du noyau dur du football européen. Historiquement, l'UEFA et ses associations membres ont toujours exercé une influence décisive dans les réformes de la gouvernance sportive mondiale. L'accumulation des soupçons fragilise la légitimité morale du sommet zurichois et accentue la scission entre le continent européen et la direction actuelle de la FIFA.
Cependant, le système électoral de la FIFA repose sur le principe d'une voix par fédération nationale affiliée. Ce modèle confère généralement un avantage considérable au président en exercice, qui supervise la distribution des fonds de développement, protégeant bien souvent la structure contre les contestations cantonnées à l'Europe. Si cette fronde ne parvient pas à rassembler d'autres confédérations, Infantino conservera un socle institutionnel solide pour assurer son maintien.
La suite des événements
La première étape charnière aura lieu le 2 octobre, date limite pour Manchester City pour engager son recours juridique et tenter d'invalider les conclusions rendues par la Premier League. L'issue de cette bataille judiciaire aura un impact direct sur la perception qu'a le grand public de plusieurs décennies de contrôle du fair-play financier.
En parallèle, les regards se porteront sur le 18 novembre, date butoir pour le dépôt officiel des candidatures à la présidence de la FIFA. Il reste à déterminer si un large front de fédérations européennes s'unira autour d'un candidat adverse, ou si Infantino se présentera sans rival pour le scrutin de mars 2027.
Réécrit à partir d’un article publié par BBC Sport. Voir l’article original ↗
Traduction assistée par IA de l’article original en portugais. Lire en portugais